Karen organise nos bonnes résolutions dans son Petit Bazar en nous proposant de coudre une robe par mois. J'ai un peu réfléchi avant de me lancer, parce que j'ai déjà du mal à tenir les délais sur le Défi 13 qui devient parfois le Défi 14, ou plus si affinités et qu'un défi de plus, bon, ça commence à sacrément entamer le temps libre mensuel, qui n'est pas si long que ça déjà. Mais en même temps, ces défis sont une vraie stimulation et ils donnent beaucoup d'idées. En plus, comme je ne porte quasiment jamais de robe (sauf en été, j'en ai UNE) et que je n'avais jamais cousu pour moi, je me suis dit que j'étais la candidate idéale (j'aime le paradoxe, certes). Et du coup, c'est avec enthousiasme que je me suis lancée dans : Henriette de Citronille.

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Je précise tout de suite : NON, ce n'est pas une robe de bure. Si on veut compter les points, je concède que j'ai sûrement mérité des points en moins pour le choix du tissu. C'est un très beau lin, très doux, très souple, épais, mais alors vraiment là je crois que j'étais complètement à côté de la plaque pour l'adéquation tissu/modèle. Pour le reste...

1) Sur le dessin de la robe, chez Citronille, on voit une jeune femme bien habillée dans une robe cintrée à la taille et assez ajustée. C'est ce qui m'a donné envie, la robe qui se porte avec des bottes et qui ne fait pas trop robe (il faut commencer soft). En fait, j'aurais dû me méfier avec le schéma du modèle, ce n'est carrément pas cintré, mais alors vraiment, vraiment pas, les côtés partent en trapèze dès les emmanchures. Avec les fronces au dos, c'est l'effet parachute, ou chapiteau, ou ce que vous voulez du moment que c'est un grand machin informe. 1 point en moins. Peut-être même 2, hein, c'est tromperie sur la marchandise !!! Du coup, j'ai "cintré" sauvagement en faisant des marges de couture de 5 cm à certains endroits, youhou, c'est super.

2) L'encolure. Sur le même dessin de la même robe, chez Citronille, l'encolure de la robe arrive assez bas et la jeune femme bien habillée porte un sous-pull à col roulé en dessous. C'est aussi ce qui m'a donné envie. Dans la pratique, il se trouve que l'encolure arrive super haut, elle touche le cou, c'est très désagréable et ce n'est pas beau. 1 point en moins.

3) Les petites pointes aux épaules : sur une robe, je n'avais jamais vu ces petites pointes, et vous ? C'est si charmant.

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Alors certes, il y a 1 point en moins pour moi parce que j'aurais dû comprendre qu'il fallait faire coïncider le bout de l'encolure avec le bout de l'empiècement, mais en même temps j'ai suivi le patron à la lettre. Et comme pour les reprendre, il faudrait découdre les épaules, découdre l'empiècement dos, découdre l'empiècement doublure, retailler l'encolure, refaire un biais et tout recoudre ensuite, je ne suis sûre d'entreprendre les grands travaux, surtout pour une robe de bure.

Du coup, Henriette et moi, ça n'a pas du tout été l'amour. Cette robe de mars deviendra donc sur les conseils avisés de ma soeur une tunique, raccourcie de 15 bons cm en longueur, ceinturée sur un pantalon pour réduire l'ampleur, avec les pointes d'épaules cousues à l'intérieur et la patte de boutonnage qui restera dépourvue de boutons pour pouvoir la laisser toujours ouverte, histoire de ne pas m'étrangler avec le col bien trop haut.

Ah, j'oubliais les poignets aussi. D'aucuns (= l'Homme) m'ont fait savoir qu'une robe à manches longues était une chose qui ne se voyait nulle part (????), que j'avais vraiment l'air d'un moine (on avait pourtant déjà saisi l'allusion fine avec la bure, mais après tout le subliminal n'est pas toujours leur fort) et qu'il fallait absolument faire quelque chose pour ces manches. Les conseils avisés de toujours la même soeur ont conduit à décider de retrousser les manches de façon définitive, merci Brigitte de m'avoir montré comment faire, c'est sur le feu ! On avait aussi envisagé d'ajouter une patte pour boutonner sur la manche, ou carrément une patte aux épaules (j'adore ça), mais finalement je n'ai pas envie de passer trop de temps sur ce qui restera mon échec.

Conclusions : a) la robe-tunique sera vraisemblablement peu portée.

                    b) je vais faire des finitions minimales : poignets, épaules, ourlet.

                    c) je me demande si je refais une Henriette, dans un autre tissu (mais lequel ??? toutes vos suggestions sont les bienvenues...), parce que je n'aime pas rester sur un échec, mais en même temps, je n'ai pas envie de risquer un deuxième échec.

Sinon, dans tout ça, il y a quand même une chanceuse :

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Achetée l'année dernière tout à fait par hasard dans une brocante pour 15 € et stockée depuis dans un coin de mon bureau, celle qui s'appelait il y a peu encore "ma copine bleue" a connu son heure de gloire. Sortie de son coin et dépoussiérée, elle a revêtu la robe de bure pour l'ajustage des côtés et elle a même reçu un prénom, Henriette, sans beaucoup de surprise. Ceci dit, heureusement que je n'ai pas commencé par un modèle Burda (106 B, ce n'est pas un prénom top) ou japonais (One-piece, ce n'est pas terrible non plus). Pour compenser toutes ces bonnes nouvelles, Henriette a vu ses mensurations exploser en quelques secondes quand je l'ai mise à ma taille, car bien que je ne sois pas bien grosse, je ne fais pas du 56 de tour de taille ni de 86 de tour de bassin, désolée. Bon par ailleurs, j'ai réalisé que ce serait bien de faire partir mes petits plus... j'ai fait trois abdos ce week-end et j'ai encore des courbatures. Ca s'annonce très bien.

Bref, pour solder ce looooooong post qui a dû en endormir plus d'une, je suis très optimiste pour la robe d'avril, bien sûr, je n'ai pas du tout peur de l'échec et comme on n'est que le 20 avril, il me reste au moins 10 jours entiers pour la coudre en plus des trois autres choses prévues, et comme les enfants s'endorment à 21h30 en ce moment, c'est super bien parti.

Optimisme, quand tu nous tiens...