Au début, nous étions tous des grands singes. J'aime à penser que nous ressemblions aux orang-outangs, parce que j'aime bien ces singes-là. Nous n'étions certes pas doués de la faculté de raisonner, de tricoter ou de broder, mais ces inconvénients étaient compensés par un certain nombre d'avantages que je me laisse aller à énumérer : pas de travail, pas d'horaires, pas de trajets domicile-travail, les journées entières dédiées aux loisirs, à la détente, au jeu, à la glande dans les arbres ; pas de ménage, pas de vaisselle, pas de linge à plier et repasser, pas de courses à faire, pas de repas à préparer, juste à tendre la main pour attraper un fruit, voire à changer de branche ou carrément d'arbre pour diversifier son menu, et j'en passe. Franchement, parfois je me demande pourquoi on s'est tant acharnés à évoluer.

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Et dans l'immédiat, voilà où je voudrais en venir : chez les orangs-outangs, on a aussi des enfants, bien sûr. La maman s'en occupe avec affection et attention pendant six années entières, au termes desquelles le jeune orang-outang s'en va vivre sa vie dans son arbre. Chez les humains, à six ans, les petits sont loin d'habiter dans leur appart. Ce n'est pas que je m'en plaigne, je serai sûrement toute chose quand ils partiront à 20 ans.

Le point qui me laisse très songeuse depuis ce week-end, c'est que chez les orangs-outangs, les bébés ne font certainement pas de colère, n'ont certainement pas peur du noir, ne trouvent pas 56 trucs importants à faire au moment d'aller se coucher, ne rappellent pas leurs parents en leur disant de rallumer leur chambre (ils n'ont même pas de chambre d'ailleurs) parce qu'ils "veulent aller voir quelque chose", ou encore ne font pas de crise d'angoisse le soir en se mettant à hurler de panique au moment où on s'éloigne du lit pour les laisser dormir et ne tiennent pas leurs parents réveillés de 23 heures à 1 heure du matin en refusant de dormir dans leur lit, en faisant le souk dans celui de leurs parents et en poussant des cris suraigus dès qu'on fait mine de les recoucher quand on voit qu'ils pètent la forme.

Naturellement, toutes ces réflexions sont le pur produit de mon imagination et toute ressemblance avec des petits humains existants serait purement fortuite. Et n'y voyez plus particulièrement aucun lien avec ces deux petits humains-là.

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C'est d'ailleurs une pure coïncidence si après avoir dormi 5 heures cette nuit, à partir de 1 heure du matin (quelle coïncidence !), je suis fatiguée comme tout. Quand je pense que non seulement j'ai beaucoup de travail aujourd'hui, mais qu'en plus je dois aller faire les courses entre midi et deux, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie de me laisser pousser les poils et de devenir toute orange.