Comme il vaut mieux rire que pleurer de ses erreurs (et en profiter pour apprendre), rions un peu ensemble.

La semaine dernière, c'était atelier bavoirs-serviettes, pour l'école de Romain et pour ma douce Alice. J'ai pris le modèle ultra classique des Intemporels, doublé en éponge, qui se ferme par un petit bouton sur le côté du cou. Je décalque en faisant quelques adaptations (Romain a plus de 18 mois-2 ans), je découpe, quand tout à coup, l'évidence me frappe.

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Non, vous ne voyez pas ? Vraiment ? Et comme ça, c'est mieux ?

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Oui, je suis sûre que vous avez compris. C'est une baleine ! Bien sûr ! Et les baleines sont des espèces protégées, hors de question de jeter le petit bout de tissu qui va se détacher quand je couperai le bavoir...

Hop, projet bavoirs-serviettes mis en stand-by, petit garçon complètement excité à l'idée de voir une baleine sortir de mes mains agiles et de ma machine à coudre serviable (enfin, pas toujours, mais j'en parlerai une autre fois...), l'aventure est dans la couture !! Je coupe le bavoir, que je mets de côté pour ne garder que notre chère baleine... J'explique à Romain le miracle de la couture : on met le tissu à l'envers (pourquoi ?), on met des épingles pour que le tissu ne bouge pas, je vais coudre là, là et là, laisser un petit trou là pour retourner (pourquoi ?), après on va mettre de la bourre dedans (de la quoi ?), et si tu es sage, c'est même toi qui pourras mettre la... mousse dans la baleine. OoooOOOOooOOOh ! Petit garçon encore plus impatient et tout fier de l'honneur qui va lui être fait... Bref, faisons court, je passe tous les détails pour vous montrer le résultat de notre après-midi couture de baleines :

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La perfection n'étant pas de ce monde, du moins pas du premier coup, c'est une famille de baleines qui aura vu le jour, partant de la plus ratée pour arriver à la plus aboutie.

Numéro 1 : la baleine blanche. Oh minceuuhh, je n'arrive pas à retourner, la queue est trop étroite ! Petit garçon horriblement déçu. Maman terriblement angoissée parce que la baleine n°2 est exactement sur le même modèle.

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Numéro 2 : la baleine bleue (ha ha). Oh minceuuuuh, je n'arrive pas à retourner, la queue est trop étroite. Toutefois, comme il est inenvisageable de laisser le petit garçon comme ça après tant d'attente, je prends des mesures draconiennes : je coupe carrément la queue de la baleine et je glisse l'appendice dans le corps pour la coudre vaille que vaille. D'où la magnifique piqüre blanche, très droite qui plus est, l'assemblage superbe et l'aspect vraiment... euh... artisanal ? de la chose. MAIS : objectif petit garçon atteint. Je lui ai confié le sac de bourre et il s'est  acquitté de sa tâche avec une application et un sérieux adorable, en tirant sa petite langue tant il était concentré. Pendant ce temps, retour à l'objectif bavoirs-serviettes.

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Numéro 3 : la baleine rose. Rester sur un échec n'est jamais très plaisant. Comme de plus je devais reprendre mon atelier bavoirs-serviettes le lendemain (forcément, avec toutes ces baleines, je n'avais pas beaucoup avancé), la première chose que j'ai faite le dimanche, c'est de coudre une baleine pour que Romain puisse la remplir (et me laisser coudre le reste). Mais cette fois-ci, j'ai été maligne. J'ai bien élargi la queue pour pouvoir la retourner. Bravo, bravo. Avant de confier la chose à Romain, j'ai aussi moi-même rempli la queue de bourre en la poussant bien avec une aiguille à tricoter. J'ai aussi moins rempli "l'articulation" pour que la queue puisse frétiller...

Moralité : ne pas désespérer !! Et toujours considérer qu'en couture, les moyens justifient la fin...

Moralité bis : les enfants se fichent royalement de cette baleine rose. Romain n'a même pas voulu la remplir de bourre. Il a manifesté un intérêt poli de cinq secondes et demie quand je lui ai montré le résultat de mes efforts. Une seconde de plus pour la queue qui frétille. Il a également fait remarquer qu'elle n'avait pas d'yeux. Et ce fut tout. Alice de son côté a bien essayé de la mâchouiller un peu mais l'a ensuite majestueusement ignorée et maintenant, elle traîne sous un rideau, ou peut-être sous le canapé. Pourtant, elle est si mignonne avec sa queue qui frétille...