J'ai découvert avec effroi hier en fin d'après-midi que j'avais dramatiquement squizzé la galette. Il faut dire que j'avais des circonstances atténuantes, mais je l'ai quand même honteusement oubliée. Il est vrai qu'entre les nausées authentiques de la femme enceinte, les dégoûts, les envies, les malaises, les petits vomissements, tout ça, je n'avais pas pensé à manger de la pâte feuilletée et de la frangipane. Ce n'est pas que ce soit lourd, c'est juste que c'est peu léger.

Pourtant, j'adore la galette. C'est une vraie histoire d'amour, j'en mange chaque année trois ou quatre presque à moi toute seule vu que mon cher et tendre n'aime pas trop ça (ou alors il en mange une part, histoire de tenter sa chance pour la fève). Il est vrai aussi que le fait que mon bébé d'amour chéri ait eu subitement 39° de fièvre toute la journée de dimanche n'a pas arrangé les choses et nous a quelque peu distraits du but suprême de la journée, s'empiffrer de galette. Je suis restée allongée la plupart du temps dans le canapé à gémir, ou alors à m'activer pleine d'entrain puis à m'allonger dans le canapé à gémir, ou alors à m'occuper de mon fiévreux petit qui restait bloqué à 39° tel un métronome un peu emballé.

La galette est donc passée à l'as, damned. Je compte bien me rattraper très vite en ingurgitant dix-huit galettes dans les deux prochaines semaines. Oui, parce que c'est comme ça une femme enceinte (moi en tout cas). A 12:00, la vue de la moindre miette de galette peut me soulever le coeur et provoquer un allongeage précipité sur le canapé pour tenter de réfréner les grandes marées suscitées par l'événement. A 12:15, les flux calmés, je peux me mettre à rêver de manger de la galette pendant tout le reste de la journée. Avec des petites galettes qui tournent dans ma tête, qui dansent et qui chantent en levant leurs petites cuisses (tiens, les galettes ont des cuisses ?) en se déhanchant sensuellement, perdant des miettes de pâte feuilletée que je ramasse avec les doigts.

Vous avouerez qu'il n'est guère facile dans un tel contexte de faire des choses aussi simple qu'établir une liste de courses (l'aventure est au bout du placard), préparer à manger (la 4ème dimension dans les casseroles), prévoir des menus (l'imprévu total pimente le quotidien)... du coup, je me retrouve à manger n'importe quoi, n'importe quand. Puisque de toute façon, j'ai envie de n'importe quoi n'importe quand.

Tout ceci vous étant désormais connu, je suis sûre que vous saluerez à sa juste valeur la prouesse que j'ai réalisée hier soir. Je ne vais pas trop faire durer le suspense au risque de gâcher tous mes effets, mais figurez-vous que, OUI, j'ai CUISINE hier soir. Carrément. Pour de vrai et tout. J'ai fait de la SOUPE. J'ai nettoyé les légumes, je les ai coupés, je les ai fait revenir puis cuire, je les ai mixés, j'en ai amoureusement gardé une belle assiette pour le fruit de mes entrailles. J'ai fait tout ça. DEBOUT. Sans vomir ni rien. En plus c'était super bon.

Je vous donne la recette, si j'y arrive je prendrai une belle photo pour illustrer, mais sachez que la soupe est onctueuse, d'un blanc laiteux tirant un tout petit peu sur le vert clair et qu'elle n'a pas le goût prononcé du chou-fleur.

Soupe très douce au Chou-Fleur

Ingrédients : 1 chou-fleur - 1 poireau - 3 pommes de terre moyennes (ou 2 grosses et 1 petite) - 1 branche de céleri - 1/2 oignon

Lavez les légumes. Détaillez le chou-fleur en fleurettes, coupez le poireau en croix puis coupez-le en morceaux en gardant un peu de vert, coupez les pommes de terre en dés et la branche de céleri en petits tronçons. Epluchez puis coupez l'oignon en rondelles.
Faites chauffer de l'huile dans une très grande casserole (voire un faitout, voire une cocotte, mais prévoyez du volume). Faites-y revenir les rondelles d'oignon, puis ajoutez tous les légumes. Mélangez pour que tous soient un peu en contact avec l'huile. Ajoutez alors un bon litre d'eau, voire 1,5 litre selon la taille de votre chou-fleur. Il faut que les légumes soient presque recouverts. Salez, poivrez, ajoutez quelques feuilles de laurier.
Faites cuire jusqu'à ce que les légumes soient tendres sous la lame d'un couteau. Mixez en réservant éventuellement un peu d'eau si vous trouvez qu'il y en a trop, quitte à en rajouter au fur et à mesure.

Dégustez bien chaud avec un peu de beurre et de gruyère...